Pauline

 

Comment a démarré votre projet ?

L’Allemagne a une longue tradition derrière elle en matière de volontariat dans l’environnement. J’ai profité de cette opportunité qui n’existe pas en France. J’étais alors en faculté de Droit depuis quatre ans et je ne savais toujours pas très bien ce que j’avais envie de faire : j’avais besoin d’un break, d’un an pour réfléchir. En me rendant sur le site du Service Civique Français, je suis tombée sur des informations concernant le VEFA (volontariat écologique franco-allemand). Je les ai contactés et j’ai eu un excellent accueil : ils m’ont aidée à trouver la structure d’accueil.

Aviez-vous de l’expérience dans le domaine ?

Je n’avais jamais eu d’expériences dans l’environnement au préalable : ni études, ni jobs, ni engagement associatif. Il n’y a pas de pré-requis, juste une question d’âge : il faut avoir entre 18 et 25 ans.

C’est une année qui fait beaucoup mûrir : on est loin de ses parents, on peut avoir une autonomie financière ; ça fait grandir ! C’est une formule qui convient aussi bien aux jeunes qui ont besoin d’un break avant d’engager un nouveau projet, qu’à ceux qui veulent confirmer un projet de travail ou d’étude dans le domaine de l’environnement.

Et la maîtrise de l’allemand ?

Là encore, pas de pré-requis. Il y a ceux qui partent après deux semaines de cours intensifs, ceux qui en ont vaguement fait au lycée et ceux qui sont bilingues ! Là encore pas de problème : on peut aussi se débrouiller sur place en anglais jusqu’à ce qu’on ait acquis les bases nécessaires en allemand. L’immersion est vraiment la meilleure méthode pour apprendre.

Quelle mission vous a-t-on confiée ?

Je voulais une mission en rupture avec ma vie de citadine. On m’a mise en contact avec un expert en chauves-souris. Du coup, j’ai un travail pratique de protection des habitats. Cet hiver, nous avons compté les chauves-souris dans les caves, les bunkers, créé des habitats pour les lézards, les grenouilles, fabriqué des boîtes pour les oiseaux. Cet apprentissage s’est fait au contact de mon responsable de structure qui a 10 ans d’expérience dans l’encadrement de volontaires. Le volontariat, c’est aussi une tranquillité d’esprit : on apprend sereinement sans la pression qui peut découler d’un emploi salarié. Il n’y a pas de pression au résultat. Quatre sessions de regroupement par an permettent à tous les jeunes volontaires, allemands et français, de se retrouver pour échanger sur les pratiques culturelles du pays qui les accueille, de partager leurs expériences et de parler environnement, bien sûr. L’encadrement est vraiment de qualité.

Le financement : le volontariat, ça coûte ou ça rapporte de l’argent ?

Moi, pour la première fois, j’ai pu voyager à l’étranger parce que j’ai fait de bonnes économies durant cette année. Les volontaires français sont rémunérés par leur pays.

La rémunération est d’environ 500 euros mensuels, quand on est logé et qu’on nous fournit un repas par jour. Si ce n’est pas le cas, cette somme est majorée de 100 euros.

Franchement, l’argent n’est pas un problème : c’est la première fois que je suis indépendante financièrement.

Et au terme de l’année de volontariat, qu’allez-vous faire ?

J’ai trouvé une grande sérénité; avant j’étais très peureuse, stressée. Quand ma famille m’a revue après quatre mois d’absence, elle m’a trouvée très épanouie. J’ai pris une décision : je vais commencer un CAP dans la cuisine, j’ai toujours aimé cela mais sans oser me lancer parce qu’on me disait « tu es bonne élève, fais des études supérieures ». Cette année m’aura vraiment permis de prendre du recul, de réaliser ce dont j’ai vraiment envie et de trouver le courage de le faire. Ce volontariat est une expérience très positive pour moi et il en est de même pour les autres jeunes que j’ai rencontrés dans ce cadre.